Préface
« Les Itinéraires Val d'Oise »
Pour mon père, le Val d'Oise c'était en premier MERIEL, le village de son enfance et de son adolescence, celui où il s'était forgé sa vie d'homme et plus tard d'acteur.
Mériel a beaucoup compté pour lui et ses nombreux passages dans le Val d'Oise à l'occasion de ses tournages de films lui permettait d'en parler haut et fort avec peut être un brin de nostalgie dans la voix.
Les trains qui le faisaient rêver en gare de Mériel firent de lui « un roi » pendant le tournage de la Bête Humaine, cette Lison dont il tiendra les commandes sur un certain nombre de kilomètres lui firent revivre le temps passé à la fenêtre de sa chambre d'où il guettait la moindre fumée de locomotive.
De ses courses à travers champs, bois et forêts de Mériel à l'Isle-Adam, il en gardera toujours une grande place pour la terre : l'Affaire Dominici et la Horse.
De son amitié mérielloise avec André Leducq et celle de son beau-frère Poësy, il en gardera le goût pour la boxe et le cyclisme qu'il révélera à l'écran à travers Rue des Prairies (l'Isle-Adam) et l'Air de Paris.
En haut de Mériel, son regard se portait sur la Vallée de l'Oise, le domaine de Stors et l'Abbaye du Val. C'est là qu'il a lu un jour sur une croix élevée à la mémoire du marquis de Montebello l'inscription « Veillez et priez.. .car vous ne savez ni le jour ni l'heure ». Cette épitaphe le marqua profondément et cela devint pour lui « Nul ne sait ni le jour, ni l'heure » ; cette phrase que mon Père répétait souvent, ma mère la découvrit lorsqu'elle vint à Mériel lors de la création du Musée. Autre signe du destin, le maréchal Lannes de Montebello fut le rôle qu'il interprétât dans le film Napoléon.
Et puis, le Val d'Oise ce fut aussi des lieux de tournage, lieux que mon Père redécouvrait avec nostalgie et où il égrenait ses souvenirs. Dix films ont été tournés sur le département parmi lesquels Chiens perdus sans collier à Beaumont sur Oise où il se rappelait avoir vu le pont sauter en 1914, Le Jardinier d'Argenteuil où il allait « guincher », Le Gentleman d'Epsom où il a pu marcher sur ses propres traces du temps où il y venait avec Ferdinand mon Grand Père, autre passionné de la famille des courses de chevaux.
D'autres lieux comme Sarcelles pour Mélodie en Sous-sol ou encore Pontoise pour Deux hommes dans la ville voient passer Jean Gabin, un homme heureux de retrouver quelque part des bouchées de son enfance.
Mathias Moncorgé-Gabin
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